La tension est montée d’un cran, ce vendredi 12 décembre 2025, au Conseil de sécurité des Nations-Unies. La Ministre Congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, y a livré un plaidoyer appuyé face à la dégradation accélérée de la situation sécuritaire au Sud-Kivu, pointant une nouvelle fois la responsabilité du Rwanda.
Selon elle, Kigali a violé l’accord de paix signé le 4 décembre à Washington, à peine 24 heures après sa conclusion, en soutenant l’offensive de l’AFC/M-23 qui a conduit à la prise de la ville d’Uvira, chef-lieu délocalisée de la province du Sud-Kivu suite à l'occupation de Bukavu toujours par ces rebelles.
Un accord solennel récusé !
« Bombardements, drones explosifs, avancées coordonnées autour d’Uvira et dans la plaine de la Ruzizi… Il n’est pas acceptable qu’un accord solennel soit ainsi récusé par ceux qui y avaient souscrit », a déclaré la cheffe de la diplomatie congolaise.
Elle a rappelé que le cessez-le-feu exigé par la résolution du 27 septembre n’a jamais été appliqué, estimant que les attaques contre les civils, l’entrave à l’aide humanitaire et les déplacements massifs témoignent d’une détérioration « de jour en jour ».
Kinshasa appelle à des sanctions contre Kigali !
Tout en réaffirmant sa confiance dans les processus de Washington, Doha et Luanda, la RDC par la voix de Thérèse Kayikwamba a averti que ces cadres diplomatiques « n’ont de sens que s’ils sont respectés par toutes les parties ». Elle a ainsi exhorté le Conseil de Sécurité des Nations-Unies à adopter des mesures coercitives contre le Rwanda, accusé de soutenir militairement l’AFC/M-23.
La Ministre a énuméré plusieurs frappes attribuées au binôme RDF/M-23 dans les zones de Watagota, Kouvounké, Caziba, Rurhambau, Luvungi et le long de l’axe Kamanyola–Uvira. Des drones explosifs auraient frappé des quartiers densément peuplés, provoquant un nouvel exode de plus de 500 000 personnes. Certains projectiles auraient même touché le territoire Burundais.
Le Sud-Kivu au seuil de rupture !
Pour Thérèse Kayikwamba, la province traverse une crise sans précédent. « Le Sud-Kivu se trouve au seuil de rupture », a-t-elle alerté, décrivant une population épuisée par les : bombardements, les déplacements forcés et une insécurité persistante.
Tenons que la ville d'Uvira chef-lieu momentané du Sud-Kivu est passée sous contrôle des rebelles de l'AFC M-23 parrainés par l'Armée Rwandaise depuis le mercredi 10 décembre 2025 vers 11 heures locales. Ceci seulement 6 jours après l'accord de paix entériné jeudi 04 décembre dernier à Washington aux États-Unis entre Kinshasa et Kigali. Par ces actions, le Rwanda a visiblement torpillé cet accord.
Rédaction Legon News.


Exprimez-vous