Par la Rédaction centrale de Legon News
S’exprimant dans un contexte de recrudescence des tensions sécuritaires dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, Lévis Rukema affirme que « l’Est de la RDC est aujourd’hui victime d’ambitions expansionnistes clairement assumées ». Selon lui, les violences répétées et l’instabilité chronique dans cette région stratégique ne relèvent pas d’un simple conflit interne, mais d’un projet plus large visant à affaiblir durablement l’État congolais.
Lévis Rukema met également en garde contre une répétition des événements survenus à Uvira, lorsque des éléments de l’AFC/M23, contraints de se retirer de la ville, étaient partis avec des membres de la communauté banyamulenge. Une situation qu’il juge « extrêmement préoccupante » et susceptible de se reproduire dans d’autres localités, notamment à Minembwe et à Bijombo.
« Nous dénonçons avec fermeté toutes tentatives visant à s’arroger le droit d’instrumentaliser les Banyamulenge, considérés comme un fonds de commerce, au lieu de plaider pour leur cause vitale, comme c’est le cas pour tout autre Congolais auprès des institutions de la République démocratique du Congo. Le contraire serait exposer la communauté à de très hauts risques », a ajouté Lévis Rukema avant d’affirmer que de tels agissements relèvent de la haute trahison et sont susceptibles de compromettre la vie de toute une tribu, ainsi que la stabilité de la zone qu’habitent ses membres.
À noter que la manœuvre qui se joue à Minembwe par la coalition RDF-AFC/M23, MRDP/Twirwaneho et le Red-Tabara n’est pas un jeu habituel, dans la mesure où une opération savamment montée par Kigali contre les Banyamulenge s’y préparait. Après son exécution, la responsabilité pourrait être imputée aux Forces armées de la RDC.
« Le risque est réel aujourd’hui à Minembwe et à Bijombo, où les populations vivent sous l’emprise de forces d’occupation », a-t-il alerté. Selon lui, ces zones sont confrontées à une rupture totale des circuits d’approvisionnement, aggravant davantage la vulnérabilité des habitants.
Dans la même dynamique, Lévis Rukema signale que les habitants de Rurambo, dans les Hauts-Plateaux du territoire d’Uvira, sont aujourd’hui cantonnés dans un camp de déplacés internes, installés pourtant sur leurs propres terres ancestrales. Une situation qu’il qualifie de « paradoxe dramatique », illustrant l’ampleur de la crise humanitaire dans la région.
Face à cette situation, le député appelle le gouvernement congolais à renforcer sa présence dans ces zones et à prendre des mesures urgentes pour protéger les populations civiles.
« À ce jour, la situation humanitaire à Minembwe est catastrophique. La population reste confinée dans une vallée contiguë, dans des conditions inhumaines et déplorables. Ce contexte fâcheux, dans une situation ambiguë, met en évidence le sort qui attend cette population congolaise qui ne peut plus se mouvoir. Cependant, les supporteurs de l’agression congolaise par le Rwanda, que nous voyons et suivons tous dans des manifestations publiques exercées dans les pays d’accueil, prouvent à suffisance le degré de manipulation auquel ils sont soumis. Mais ils prouvent également le niveau d’instrumentalisation dont les Banyamulenge sont victimes, quand le régime de Kigali bénéficie du soutien des manifestants, à la face du monde et auprès de leur maître », renchérit Lévis Rukema.
Il interpelle également la communauté internationale, qu’il exhorte à « ne pas rester silencieuse face à une crise qui menace la stabilité régionale ». Alors que les tensions persistent dans l’Est de la RDC, ces nouvelles déclarations relancent le débat sur l’implication des acteurs étrangers dans le conflit et sur les réponses à apporter pour mettre fin à une crise qui dure depuis plusieurs décennies.


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