Sud-Ubangi : À l’Assemblée provinciale, Junior Ambeke sonne l’alarme « La justice agonise »

Rédaction
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Par Rodrigue Kolaba Koto 



Gemena, 30 mai 2026 - Ambiance tendue ce vendredi 29 mai à l’Assemblée provinciale du Sud-Ubangi, d'après une dépêche de la cellule communicationnelle de l'organe délibérant. À la tribune, Junior Ambeke Likela, député élu de Gemena, brise le silence. Sa cible : la justice provinciale. Son constat : sévère. 


« L’appareil judiciaire agonise », lâche-t-il, sans détour. Une phrase qui glace la salle et relance le débat sur un mal profond : l’effondrement du système judiciaire dans le Sud-Ubangi.


Des tribunaux fantômes

 

Sur papier, la province a de quoi faire : 5 tribunaux de paix + 1 tribunal de grande instance à Gemena. Dans les faits, c’est le désert. Depuis la dernière vague d’affectations, seules quelques juridictions de territoire tournent encore au ralenti. Et encore, juste pour les affaires civiles simples, celles qu’un seul juge peut expédier. Le pénal ? À l’arrêt. Silence radio dans les salles d’audience. Résultat : les dossiers s’empilent, les justiciables patientent, la loi patiente avec eux.


À Gemena même, le tribunal de paix ne tient plus qu’avec un seul magistrat. Mission impossible : traiter des centaines de dossiers à lui tout seul. Le tribunal de grande instance faisait office de dernier rempart. À deux juges seulement, il tenait encore des audiences pénales. Parfois même, on bricolait la composition : un magistrat du parquet, un avocat tout pour éviter le vide judiciaire.


Marteau 2 : des détenus oubliés

  

Puis est tombée la suspension du président du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Gemena par sa hiérarchie. Coup de grâce. Depuis, plus rien. Junior Ambeke pointe du doigt les conséquences humaines : « Aujourd’hui, plusieurs présumés criminels arrêtés lors de l’opération Marteau 2 croupissent en détention depuis des semaines, sans jugement ». D’autres, des centaines, pourrissent dans les cachots de la province. Procès équitable ? Délai raisonnable ? Principes bafoués.


Pour le député, on est entré dans une « crise ouverte » de la justice. Et il dégaine l’article 64 du règlement intérieur de l’Assemblée : il exige que le ministre provincial de la Justice vienne s’expliquer devant les élus. Explications. Solutions. Urgence.


La justice, ce droit qui attend


Derrière les chiffres et les procédures, il y a des vies en suspens. Des familles sans réponses. Des citoyens qui ont perdu confiance. L’intervention d’Ambeke remet le sujet sur la table : au Sud-Ubangi, avoir accès à la justice reste un combat quotidien.


La plénière va-t-elle répondre à l’appel ? La province du Sud-Ubangi va-t-elle sortir la justice de sa salle de réanimation ?

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