Par Rodrigue Kolaba Koto
Gemena, 30 mai 2026 - La justice est à l’arrêt à Gemena. Aucun tribunal ne fonctionne normalement et des détenus attendent leur procès depuis des mois, entassés dans les prisons de la ville. C’est l’alerte lancée par Me Rufus Enyela, activiste des droits humains et militant de la Lucha Sud-Ubangi.
Selon lui, le Tribunal de paix comme le Tribunal de grande instance de Gemena ne comptent chacun qu’un seul magistrat. Un effectif insuffisant qui plonge tout l’appareil judiciaire dans un « abandon total » dans la province.
Une guerre de chefs qui paralyse les dossiers
La situation s’aggrave avec un conflit ouvert au sommet de la Cour d’appel du Sud-Ubangi. Le Premier Président aurait empêché le Président du TGI/Gemena de siéger, sans raison officiellement communiquée. Résultat : les audiences sont bloquées et plusieurs dossiers restent en souffrance.
« Le Président du TGI/Gemena serait victime du conflit opposant le Premier Président au Procureur Général près la Cour d’appel », rapporte Me Enyela. Pour l’activiste, ce sont les justiciables ordinaires qui paient le prix de ces « querelles de pouvoir ».
Des droits violés au quotidien
Pour Me Rufus Enyela, cette paralysie viole de façon flagrante les droits élémentaires des détenus : droit à un procès équitable, à être jugé dans un délai raisonnable, à la présomption d’innocence. Des citoyens croupissent en prison sans jugement pendant que les institutions se déchirent.
« Nous dénonçons avec fermeté cette prise en otage de la justice », martèle-t-il. Il appelle les autorités nationales et provinciales à intervenir d’urgence pour restaurer le fonctionnement des juridictions à Gemena : déployer des magistrats, lever les blocages administratifs, mettre fin aux rivalités personnelles.
Un cri d’alarme pour le Sud-Ubangi
« Le Sud-Ubangi mérite une justice indépendante, fonctionnelle et au service du peuple, et non une justice paralysée par des rivalités personnelles », conclut le militant de la Lucha.
Contactées, les autorités judiciaires provinciales n’avaient pas encore réagi à ces accusations au moment de la publication de ce message d'alerte de Me Rufus Enyela.



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