Par la rédaction centrale de Legon News
Kabimba, le 3 mai 2026 – Dans l’Est de la République démocratique du Congo, les distributions d’aide humanitaire censées soulager les populations fragilisées par les conflits deviennent parfois une source de divisions. C’est le constat dressé ce jeudi à Kabimba, groupement de Kalungwe, en chefferie de Bavira, lors d’un dialogue intercommunautaire organisé par l’ONG Search for Common Ground dans le cadre de son projet « Tukutane Tena ».
Autour de la table, chefs de villages et habitants se sont réunis pour tenter d’apaiser des tensions croissantes liées à la gestion de l’aide destinée aux déplacés de guerre et autres personnes vulnérables. Plusieurs villageois accusent leurs autorités locales de manipuler les listes d’enregistrement lors des distributions, au détriment de bénéficiaires pourtant jugés éligibles.
Face à ces accusations, les chefs coutumiers rejettent en partie la responsabilité. Ils dénoncent un manque de coordination avec les organisations humanitaires qui, selon eux, interviennent parfois sans concertation préalable. « Nous sommes souvent informés à la dernière minute », expliquent-ils, estimant être mis devant le fait accompli par des équipes déjà constituées. Une situation qui alimente les incompréhensions et les soupçons au sein des communautés.
Au cœur des échanges : les critères de sélection des bénéficiaires. Joséphine Mungubi, facilitatrice du dialogue, a appelé les parties à recentrer les discussions sur la vulnérabilité réelle des personnes ciblées. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la cohésion sociale et invité chacun, autorités comme habitants, à faire preuve d’empathie et de responsabilité.
Malgré les divergences, un consensus a émergé : préserver le vivre-ensemble. Tous reconnaissent que l’aide humanitaire ne doit pas devenir un facteur de division, mais un levier de solidarité. Les habitants demandent davantage de transparence et de sensibilisation sur les critères d’éligibilité pour éviter frustrations et malentendus. Les chefs plaident, eux, pour une collaboration plus étroite avec les ONG, dans le respect des structures locales et des procédures hiérarchiques.
Pour prévenir de nouvelles tensions, une commission mixte de six personnes a été mise en place. Elle sera chargée de vulgariser les principes humanitaires, de suivre les processus de distribution et de servir de relais entre populations, autorités locales et organisations.

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