Par Rodrigue Kolaba Koto
Dakar, 10 mai 2026 – Le torchon brûle au sommet de l’État sénégalais. Le président Bassirou Diomaye Faye a refusé de promulguer les amendements à la loi électorale votés récemment par l’Assemblée nationale. Un texte largement vu comme un ballon d’essai pour permettre au Premier ministre Ousmane Sonko de se présenter à la présidentielle de 2029.
Un veto présidentiel qui révèle les fractures du PASTEF
Cette décision tombe en plein climat de tensions entre les deux têtes d’affiche du parti au pouvoir, PASTEF. Depuis plusieurs semaines, les signes de divergences entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko se multiplient au sein de l’appareil d’État.
Le mois dernier, les députés de la majorité avaient pourtant adopté à une large majorité cette réforme électorale. Pour plusieurs analystes, le texte visait à contourner les obstacles juridiques qui pèsent sur Sonko, écarté de la présidentielle de 2024 après sa condamnation.
Sonko, toujours rattrapé par ses ennuis judiciaires
Âgé de 51 ans, Ousmane Sonko avait été déclaré inéligible en 2024 à la suite de sa condamnation pour diffamation dans une affaire impliquant un ancien ministre accusé de détournement de fonds publics. Cette condamnation menace toujours sa candidature pour 2029.
En renvoyant le texte au Parlement, Diomaye Faye demande aux députés de « revoir leur copie » avant toute promulgation. Un geste qui freine net les ambitions présidentielles de son Premier ministre et expose au grand jour les fissures du tandem au pouvoir.


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