Par Rodrigue Kolaba Koto
Kinshasa, 8 mai 2026 – Après les sanctions américaines visant l’ancien président congolais Joseph Kabila, le professeur Robert Kabemba Mangidi appelle à aller plus loin. Dans une libre opinion transmise à Legon News, ce docteur en criminologie appliquée exige « un nettoyage systémique de tous ceux qui ont commis des crimes en RDC ».
« Appliquer le Rapport Mapping sans délai »
Pour le professeur Kabemba Mangidi, les mesures contre Joseph Kabila doivent ouvrir la voie à des poursuites plus larges. « Nous exigeons l’application du Rapport Mapping afin de sanctionner les auteurs des graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises en République démocratique du Congo », écrit-il.
Ce document de l’ONU, publié en 2010, recense 617 incidents violents survenus entre 1993 et 2003. Il évoque des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité potentiellement constitutifs de génocide, impliquant armées étrangères et groupes rebelles.
« Traquer les seigneurs de guerre dans les institutions »
Le criminologue cible directement l’impunité des élites : « Traquer tous les seigneurs de guerre, anciens comme nouveaux, qui se réfugient dans les institutions du pays et qui occupent des fonctions afin que justice soit rendue serait une bonne chose. »
Il demande que « tout celui qui a œuvré au sein de la rébellion soit poursuivi par la justice et sanctionné ». Une position qui vise autant les figures des guerres passées que les acteurs des conflits actuels à l’Est.
Un débat relancé
Cette sortie intervient alors que Washington a récemment sanctionné plusieurs personnalités congolaises pour leur rôle présumé dans la déstabilisation de l’Est. Pour le professeur Kabemba Mangidi, ces sanctions individuelles sont insuffisantes sans mécanisme judiciaire global.
La mise en œuvre du Rapport Mapping est réclamée depuis 14 ans par la société civile et le Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix. Le projet de création d’un tribunal pénal spécial pour la RDC reste bloqué.


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