Par Rodrigue Kolaba Koto
Kinshasa, 8 mai 2026 – Le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a vivement critiqué jeudi « le désengagement » des autorités de la ville de Kinshasa face à la montée de l’insécurité. Il a qualifié cette attitude d’« irresponsable » lors d’une réunion du Comité provincial de sécurité élargie, tenue dans le district de la Tshangu.
« La sécurité relève de la compétence provinciale »
Devant les responsables provinciaux et les chefs de la police, Jacquemain Shabani a rappelé les prérogatives de chaque niveau de pouvoir. « Un ministre national ne peut se substituer aux autorités locales pour chaque province », a-t-il martelé, insistant sur le fait que la gestion de la sécurité est d’abord une compétence provinciale.
Cette mise au point intervient alors que Kinshasa fait face à une recrudescence du banditisme urbain, des enlèvements et des conflits communautaires, notamment dans les districts de la Tshangu et du Mont-Amba. Plusieurs quartiers rapportent une hausse des cas de _Kuluna_, des vols à main armée et des attaques nocturnes.
La Tshangu, épicentre des tensions
Le choix de la Tshangu pour abriter cette réunion n’est pas anodin. Ce district, le plus peuplé de la capitale avec plus de 2,5 millions d’habitants, concentre une grande partie des incidents sécuritaires. Les communes de Masina, Kimbanseke et N’djili sont régulièrement citées dans les rapports de la police.
Appel à la responsabilité
Le ministre a exhorté le gouvernement provincial, les bourgmestres et les chefs de quartiers à « assumer pleinement leur rôle ». Il a promis un appui du gouvernement central, mais a prévenu : « L’État ne peut pas tout faire. La proximité est la clé. Les autorités locales doivent être sur le terrain. »
Depuis janvier, la capitale congolaise a enregistré plus de 300 cas d’insécurité documentés par la société civile. Le gouverneur de Kinshasa n’a pas encore réagi publiquement aux propos du ministre. La réunion du Comité provincial de sécurité élargie vise à harmoniser les stratégies entre la police, l’armée, l’ANR et les autorités politico-administratives pour endiguer l’insécurité à Kinshasa.


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