Par Augustin Ndjabu depuis Bunia
Bunia, 10 mai 2026 - Arrêtés le 12 mars dernier, trois membres du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) ont recouvré leur liberté ce samedi 9 mai 2026, après près de deux mois de détention à la prison centrale de Bunia.
Il s’agit de Sefu Anjisina Abdul Olivier, Kambale Odo Jackson et Paluku Kamate Joachim. Ils avaient été interpellés lors d’une marche pacifique devant les installations de la REGIDESO, pour dénoncer les difficultés d’accès à l’eau potable à Bunia et ses environs, en Ituri.
Jugés par la justice militaire
Après leur arrestation, les trois activistes avaient été déférés devant l’auditorat militaire. Ils étaient poursuivis pour atteinte à la sûreté de l’État. D’après plusieurs organisations de défense des droits humains, un tribunal militaire de Bunia les aurait condamnés à deux mois de servitude pénale, peine qu’ils viennent de purger.
Un cas qui a fait réagir
Leur détention avait suscité l’indignation de la société civile. ONG et mouvements citoyens dénonçaient une arrestation « arbitraire » dans un contexte d’état de siège, en vigueur en Ituri depuis mai 2021. Des inquiétudes portaient aussi sur le respect des procédures et des délais légaux de détention. Jusqu’à leur libération, aucune communication officielle n’a précisé les charges exactes retenues contre eux.
L’espace civique en question
Cette affaire relance le débat sur la liberté de manifestation et l’espace accordé aux mouvements citoyens dans les provinces sous état de siège. Pour de nombreux observateurs, poursuivre des militants devant une juridiction militaire pour une marche liée à l’eau potable traduit un rétrécissement des libertés publiques dans l’Est de la RDC.


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