Aire de santé de Mulonde : Une structure publique à l’abandon, la population exposée à des risques mortels

Rédaction
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Par Rodrigue Kolaba Koto



Kyandalala, le 4 mai 2026 – Dans le cadre de sa tournée dans le Congo profond, le directeur général de Legon News poursuit son état des lieux de secteurs jugés en détresse, dont la santé publique.  


À Mulonde, dans la zone de santé de Moba, province du Tanganyika, l’aire de santé du même nom illustre l’ampleur de la crise. Entre vétusté des installations et rupture totale de médicaments, la population locale est gravement exposée aux risques de mortalité.  


Une infrastructure en ruine


Jeudi 30 avril, Rodrigue Kolaba Koto, qui sillonne depuis plusieurs jours le territoire de Moba, a dressé un constat accablant. À première vue, le bâtiment est dans un état de délabrement avancé. À l’intérieur, tout est dégradé : plafonds effondrés, sols en décomposition, fenêtres et portes hors d’usage, murs fissurés et toiture en tôle froissée. Les patients hospitalisés sont exposés aux intempéries et aux infections nosocomiales. Les lits, sans matelas ni moustiquaires, sont alignés dans des salles insalubres. Le service de maternité fonctionne sans eau courante ni électricité stable.  


Zéro dotation en médicaments depuis des années


Au-delà du bâtiment, l’aire de santé fait face à une pénurie totale de produits pharmaceutiques. Selon un infirmier en service, qui s’est confié sous couvert d’anonymat, « l’aire de santé de Mulonde, située dans le village Viromo, ne reçoit aucune dotation en intrants du gouvernement depuis plusieurs années ».  

« C’est difficile ici, comme vous le constatez. Nous sommes une structure publique, mais pour fonctionner, nous devons nous débrouiller avec les recettes locales pour acheter des produits dans les pharmacies privées. On ne comprend pas ce qui se passe. Pour le bâtiment, vous avez vu… On a l’impression d’être abandonnés, comme si nous ne faisions pas partie de Moba, du Tanganyika ou de la RDC », déplore-t-il.  


Conséquence : les patients doivent acheter eux-mêmes gants, seringues, antipaludéens ou antibiotiques avant d’être pris en charge. Les plus démunis renoncent aux soins. Les accouchements se font souvent sans kit, augmentant les risques de complications maternelles et néonatales.  


Une zone de couverture pourtant dense


L’aire de santé de Mulonde dessert plusieurs villages : Viromo, Manda 1, 2 et 3, Kyandalala, Kasenga et d’autres localités enclavées. Selon les registres consultés, plus de 12 000 personnes dépendent de cette structure. Le paludisme, les infections respiratoires aiguës, la malnutrition et les maladies diarrhéiques y sont endémiques. Sans intrants ni plateau technique, le personnel se dit impuissant face aux urgences.  


Appel pressant aux autorités


Face à cette situation, le personnel soignant et les leaders communautaires lancent un appel urgent au gouvernement central et provincial. Ils demandent la réhabilitation immédiate du bâtiment, la dotation régulière en médicaments essentiels, la fourniture d’équipements de base et l’affectation de personnel qualifié.

Ils interpellent directement le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour qu’il « s’implique personnellement afin qu’une issue favorable soit trouvée à ce cri d’alarme ». En attendant, les habitants de Mulonde continuent de se soigner dans la précarité, entre murs lézardés et ordonnances à payer au comptant.

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