Grands Lacs africains : À l'occasion de la journée du 06 avril, Charles Onana appelle à rompre le silence pour la vérité et la justice

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Par Joël Bule Tholase. 



Kinshasa, le 7 avril 2026 - Trente-deux ans après l’un des événements les plus marquants et tragiques de l’histoire contemporaine africaine, la mémoire collective reste profondément marquée par les conséquences du drame du 6 avril 1994. À cette date, l’attentat contre l’avion présidentiel rwandais avait coûté la vie aux présidents Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira, plongeant la région des Grands Lacs dans une spirale de violences aux répercussions durables.


À l’occasion de cette commémoration, l’écrivain camerounais Charles Onana a pris la parole pour rappeler l’ampleur de cette tragédie et la nécessité de ne pas en occulter les responsabilités. Qualifiant cet événement d’acte de terrorisme, il estime que ses auteurs doivent aujourd’hui faire face à l’histoire et s’incliner devant la mémoire des millions de victimes qui ont péri dans les conflits ayant suivi.


Au-delà de la symbolique, cette prise de position met en lumière une réalité encore palpable dans la région. De la République Démocratique du Congo au Rwanda en passant par le Burundi, les séquelles de ces événements continuent d’alimenter tensions, instabilité et crises humanitaires, en particulier dans l’est congolais où persistent des conflits armés récurrents.


Dans ce contexte, l’appel à rompre le silence résonne comme une exigence morale et politique. Il ne s’agit plus seulement de commémorer, mais de reconnaître les faits, d’établir les responsabilités et de rendre justice aux victimes. Pour Charles Onana, cette démarche constitue un préalable indispensable à toute réconciliation durable dans la région.


Cette interpellation relance également le débat sur le rôle des États et de la communauté internationale dans la recherche de la vérité. Elle souligne l’importance d’un engagement collectif pour faire la lumière sur ce drame, dont les conséquences continuent de peser lourdement sur plusieurs générations. Alors que les populations des Grands Lacs africains vivent encore avec les stigmates de ce passé, la question de la mémoire reste centrale. 


Entre devoir de vérité et exigence de justice, cette date du 6 avril s’impose comme un moment de réflexion profonde sur les conditions d’une paix véritable. En ravivant cette mémoire, la voix de Charles Onana rappelle que le silence ne peut être une option face à une tragédie d’une telle ampleur. La reconnaissance des souffrances endurées et la quête sincère de justice apparaissent, plus que jamais, comme les fondements essentiels pour restaurer la dignité des millions de victimes et envisager un avenir apaisé dans la région des Grands Lacs.

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