Bukavu, le 26 février 2026 - Les larmes coulent encore sur l'île d'Idjwi, située dans la province du Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo. Une vague de violences et de morts s'est abattue sur cette île paisible, laissant derrière elle des familles dévastées et un avenir incertain.
Selon un rapport alarmant de la présidence territoriale de la jeune insulaire d'Idjwi, plus de 11 personnes ont perdu la vie en seulement 6 mois, victimes de justice populaire, de suicides et d'étranglements. Les images sont choquantes : une jeune fille pendue à un arbre, un père de famille lynché après avoir été retrouvé caché dans un champ d'ananas, des élèves en uniforme jouant la dernière scène macabre sur le corps de la victime.
Ces deux cas récents ont ému l'île entière et soulignent l'urgence de la situation. Les chefferies de Ntambuka au sud et de Rubenga au nord, qui constituent le territoire d'Idjwi, sont victimes de ces cas de corps sans vie, de justice populaire et d'autres tragédies, comme des noyades.
« Nous sommes face à une crise humanitaire », déclare le président du Conseil Territorial de la Jeunesse (CTJ) d'Idjwi, Olembe Muliri Freddy. « Nous appelons les jeunes insulaires à faire preuve de leur humanisme et à devenir les vrais gardiens de la paix en dénonçant les auteurs de ces actes ignobles », a-t-il insisté.
Le CTJ Idjwi lance cependant un SOS aux acteurs locaux, leaders religieux, ONG et autres pour la promotion de la paix et des sensibilisations sur les droits humains. « L'île d'Idjwi est menacée par l'insécurité grandissante et les messages de haine et d'indifférence », ajoute Olembe Muliri Freddy. Le président du CTJ Idjwi appelle les autorités à tous les niveaux, les membres de la société civile, le gouvernement, les églises et autres acteurs à s'impliquer pour que ces actes cessent sur l'île d'Idjwi.
Il est temps de mettre fin à cette vague de violence et de mort, et de restaurer la paix et la sécurité sur l'île d'Idjwi. Plusieurs acteurs de la société civile se joignent à l'esprit de cette lettre du CTJ Idjwi mais craignent pour leur vie. L'une qui s'est livrée sous couvert de l'anonymat rappel que la rébellion de l'AFC M-23 a réduit en silence la voie de la société civile dans les zones sous occupation.
Par Hobereau Kitumani Ngufu depuis Bukavu au Sud-Kivu.



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