Kinshasa, 02 janvier 2026 - Douze ans après sa disparition tragique, le colonel Mamadou Mustafa Ndala reste une figure emblématique de l’armée Congolaise. Son nom continue de résonner comme celui d’un officier qui a incarné discipline, courage et patriotisme, dans une région de la République Démocratique du Congo où l’insécurité demeure persistante.
Alors que l’Est du pays est encore secoué par les offensives de la rébellion de l'AFC M-23, soutenue par l'armée Rwandaise et les massacres des ADF, le souvenir de Ndala s’impose comme un contraste saisissant avec les faiblesses actuelles du commandement militaire. Là où il avançait en première ligne, certains officiers d’aujourd’hui sont accusés de reculs stratégiques, de compromissions ou de calculs politiques.
Un soldat d’action, pas de discours !
Né le 08 décembre 1978 à Ibambi au Nord-Kivu, Mamadou Ndala a grandi dans une famille musulmane où discipline et courage étaient des valeurs cardinales. Après ses études à Isiro, il choisit l’armée en 1997, à une époque de recomposition nationale. Formé par des instructeurs étrangers, il développe une rigueur opérationnelle qui marquera toute sa carrière militaire.
Promu colonel en 2011, il prend la tête du 42 ème bataillon des commandos de réaction rapide. En 2013, lors de la première rébellion du M-23, il se distingue par des offensives décisives à Kibati, Kibumba et Rutshuru. Ses victoires redonnent confiance à une population longtemps humiliée par les défaites militaires. À Goma, son nom devient synonyme d’espoir, au point que son rappel à Kinshasa provoque des manifestations hostiles contre la MONUSCO et les autorités centrales.
La riposte des FARDC, sous son commandement, lors du bombardement de Goma en août 2013, reste l’un de ses hauts faits. La prise des « Trois antennes » de Kibati, suivie de la chute de Rumangabo et de Bunagana, scelle l’effondrement militaire du M-23. Pour la première fois depuis longtemps, l’armée Congolaise prouve qu’elle peut défendre l’intégrité territoriale avec détermination.
Dans cette vidéo, écoutez les paroles patriotiques du colonel Mamadou Ndala, prononcées de son vivant lors d’une interview.
Une voix pleine de courage, un engagement sans faille, un amour profond pour la patrie… qui résonnent encore aujourd’hui dans le cœur des Congolais.
Envoyé ensuite à Beni pour combattre les ADF-Nalu, Ndala poursuit son engagement. Le 02 janvier 2014, son convoi est pris dans une embuscade près d’Eringeti. Une roquette frappe son véhicule, le tuant sur le coup avec plusieurs de ses gardes. Sa mort, attribuée aux rebelles, suscite des interrogations sur d’éventuelles complicités internes.
Un héritage toujours vivant !
Nommé général de brigade à titre posthume et inhumé au camp Kokolo, Mamadou Ndala reste pour beaucoup un symbole du patriotisme perdu. Son parcours rappelle qu’une armée peut inspirer confiance lorsqu’elle est dirigée par des hommes de conviction.
Dans l’Est du pays, son souvenir est entretenu par une population qui l’a vu combattre pour protéger, et non reculer pour négocier. Son héritage contraste avec les échecs sécuritaires actuels, où des zones entières sont abandonnées aux groupes armés.
Mémoire et prière !
Pour les Congolais, Mamadou Ndala n’est pas seulement un officier tombé au combat, mais un héros national. Sa loyauté envers la patrie et son sacrifice ultime nourrissent encore les prières et les hommages :
« Ô Allah, accorde à Ton serviteur Mamadou Ndala miséricorde et pardon. Fais de sa tombe un jardin du Paradis et mets son combat pour la défense de la nation dans la balance de ses bonnes actions. »
Douze ans après, Mamadou Ndala demeure une référence morale et militaire. Son courage, son sens élevé du devoir et son amour pour la patrie rappellent que la victoire ne se gagne pas seulement avec des armes, mais avec la conviction et la loyauté. Dans une RDC encore fragilisée par l’insécurité, son héritage reste une lumière qui éclaire les failles du présent et inspire l’avenir.
Abdoul Madjid Koyakele.


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