Tribune : Ruben Tongoy, étudiant en Droit à l’UNIKIN - « La jeunesse congolaise veut sa place, pas seulement des promesses »

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Par Rodrigue Kolaba Koto 



Kinshasa, 19 juin 2026 - « À cet âge, l’ambition décuplée ». Il a 20 ans, il est étudiant en Droit à l’Université de Kinshasa, et il n’a pas peur de le dire : Ruben Tongoy veut être Député national, Avocat et Ministre. Une ambition triple que beaucoup jugeraient prématurée. Pour lui, c’est une nécessité.

« À cet âge, l’ambition décuple d’être Député national, Avocat et Ministre. Le contraste laisse un regret amer que le pays n’offre pas à la jeunesse des opportunités dignes », confie-t-il à Legon News.


Son constat est simple et amer : pendant que certains jeunes se battent pour un stage, des septuagénaires cumulent charges ministérielles et mandats parlementaires. « Là où des vieux de 70 ans portent une charge ministérielle et parlementaire, nous jeunes, aussi expérimentés en savoir, pouvons oser ».


Quand « l’avenir de la nation » devient inquiétant


Ruben reprend un discours entendu dans toutes les écoles : la jeunesse est « l’avenir d’une nation, le socle sur lequel se bâtit le lendemain d’un peuple ». Sauf que sur le terrain, la réalité le fait douter.

« Il a toujours été enseigné que la jeunesse constitue l’avenir d’une nation... Mais à la lumière de la réalité, on observe aujourd’hui, cette certitude devient source d’inquiétude. Car si cette jeunesse est réellement le visage de notre communauté de demain, alors il y a lieu de s’interroger sérieusement sur l’avenir de Yakoma ».


Pour l’étudiant originaire de Yakoma, dans le Nord-Ubangi, la question est directe : qui défendra demain les intérêts de sa base si ce ne sont pas des jeunes « en pleines énergies intellectuelles » ?


Oser, malgré le système

 

Ruben Tongoy ne demande pas la charité. Il revendique le droit d’oser. Son message interpelle la classe politique : former la jeunesse c’est bien, lui donner les commandes c’est mieux. 


Entre discours sur la relève et verrouillage des postes, le fossé se creuse. Et la voix de Ruben, comme celle de milliers d’étudiants de l’UNIKIN et d’ailleurs, rappelle une vérité simple : un pays qui n’offre pas d’opportunités dignes à sa jeunesse hypothèque son propre avenir.


À 20 ans, Ruben Tongoy a déjà choisi son camp. Reste à savoir si le pays fera le même choix.

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