Journée de l’enfant africain : En RDC, l’enfance volée sous les balles et l’oubli

Rédaction
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Par Rodrigue Kolaba Koto 



Kinshasa, 16 juin 2026 - Chaque 16 juin, l’Afrique s’arrête pour pleurer Soweto 1976 et célébrer l’enfance. Mais en République démocratique du Congo, la date sonne surtout comme un rappel amer : des millions d’enfants grandissent entre la privation, la peur et l’abus.


Une enfance sous menaces multiples

  

Droit à l’éducation ? Bafoué. Des écoles fermées, transformées en casernes ou pillées. Des enfants déscolarisés, envoyés chercher de l’eau ou du bois au lieu des bancs de classe. Eau potable ? Un luxe. Dans les quartiers et villages, la corvée d’eau expose les fillettes aux violences, pendant que les garçons tombent malades à cause de l’insalubrité. Sécurité ? Un mirage. Surtout dans l’Est du pays. Sous les exactions des groupes armés, les enfants de Goma, Bukavu, Beni, Lubero, Masisi... vivent au rythme des alertes. Recrutés de force, utilisés comme porteurs, parfois victimes d’abus sexuels. Leur enfance devient un champ de bataille.


Quand l’abus devient routine


Le 16 juin ne devrait pas être qu’une journée de discours. En RDC, l’« utilisation abusive » des enfants prend mille visages : travail domestique épuisant, exploitation dans les mines artisanales, instrumentalisation politique, négligence familiale par pauvreté. Privés de leurs droits fondamentaux, ils paient le prix de crises qu’ils n’ont pas créées.


L’urgence d’agir, pas seulement de commémorer


À l’occasion de cette Journée de l’enfant africain, la question n’est plus de savoir si la situation est grave. Elle l’est. La vraie question : que faisons-nous après les déclarations ? Il faut des écoles protégées, de l’eau dans chaque quartier, des mécanismes de protection dans les zones de conflit, et surtout une justice qui place l’enfant au centre. La paix à l’Est n’est pas un slogan. C’est la condition pour que des enfants dorment sans peur.


Aujourd’hui, la RDC a le choix : continuer à compter les enfants perdus, ou décider que plus jamais un 16 juin ne sera célébré sur fond de larmes. L’enfance n’attend pas la paix. La paix doit rattraper l’enfance.

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