Par Rodrigue Kolaba Koto
Karawa, 12 juin 2026 – À l’Institut Supérieur des Techniques Médicales de Karawa, dans la province du Nord-Ubangi, la colère gronde. Depuis plusieurs mois, les enseignants dénoncent des coupures « exorbitantes » sur leurs salaires allant de 50 à 85 000 FC le mois, imposées par le comité de gestion. Ceux qui ont osé parler au micro de Legon News ont été convoqués le lundi 8 juin à une réunion générale dirigée par le secrétaire général administratif de ladite institution. Objectif affiché : faire taire les revendications.
Des salaires saignés à blanc
Selon plusieurs enseignants et agents contactés par Legon News, le comité de gestion de l’ISTM Karawa prélève depuis un certain temps des montants jugés excessifs sur chaque paie. Motif non communiqué, base légale jamais présentée. Résultat : des personnels déjà mal payés se retrouvent avec des salaires amputés, sans explication ni traçabilité.
« Ladite institution a un système que le personnel en a marre », confie une source interne. « Voilà pourquoi ils nous ont donné cette information. La question est simple : pourquoi eux ne veulent pas démentir jusqu’à présent ? »
Réunion sous pression : l’intimidation comme réponse
Convoqués hier à Karawa, les enseignants et agents ont assisté à une réunion tendue. Au lieu de produire des pièces justificatives, des listings, des bulletins détaillés ou un cadre réglementaire pour démentir les accusations, la direction aurait choisi la menace.
D’après des témoignages concordants, les participants ont été intimidés : « Si le nom du personnel qui a donné l’info à ce média se dévoile, il va être révoqué », leur aurait-on lancé par le secrétaire général administratif. Une pression directe pour identifier la source de Legon News.
Joint par notre rédaction, le Directeur Général et le Secrétaire Général Administratif n’ont fourni aucune preuve à l’appui pour contredire notre première publication jusqu'à présent. Aucun document, aucun arrêté, aucun état de paie. Silence radio face aux faits.
Le principe sacré de la source
Contacté après la réunion, un lanceur d’alerte réagit : « Ils disent ici même que vous allez citer le nom de la personne qui vous a donné l’info. Je me suis dit que ce n’est pas vrai. Car vous étant un vrai journaliste, vous ne pouvez pas brûler votre source. C’est l’une des règles d’or du journalisme », a-t-il lancé sous la peur d'être trahi par Legon News.
Il ajoute : « Il y a beaucoup d’infos dans mon milieu surtout sur cette institution que je vais vous donner, vu que si je les diffuse ça va m’exposer. »
Pas de démenti, juste des menaces
Le réflexe est révélateur. Face à une accusation de détournement ou de gestion opaque des salaires, une institution sérieuse sort les documents, les textes, les états financiers. À l’ISTM Karawa, le comité de gestion a préféré convoquer, intimider, menacer de révocation. Aucune réponse de fond. Aucune transparence. Juste la volonté de faire taire ceux qui parlent.
Nous interpellons le ministère de l’ESU, l’Inspection Générale et les autorités provinciales : des audits s’imposent à l’ISTM Karawa. La formation des futurs agents de santé ne peut pas se faire sur fond de salaires saignés et de liberté muselée. Legon News suit ce dossier et appelle les personnels de l’ISTM Karawa à témoigner toujours en toute confidentialité.
Résumé : À l’Institut Superieur des Techniques Médical - ISTM Karawa, les enseignants touchent leurs salaires sans jamais voir de listing. Pire : la banque verse, l’administration récupère, puis redistribue des montants qui n’ont rien à voir avec ceux des collègues d’autres établissements. Ras-le-bol. Le personnel exige désormais un paiement physique, transparent, à la Copec Bomengo de Gemena.
Legon News maintient son engagement : protéger ses sources et continuer à informer. Car si les enseignants se taisent par peur, qui parlera pour les étudiants, les patients et l’avenir de la formation médicale à Karawa ?


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