Par Hobereau Kitumaini Kaniningufu
Bukavu, 13 mai 2026 - La guerre détruit le Kivu, la forêt en paie le prix fort. C’est l’alerte lancée ce 13 mai 2026 par Icopren-RDC, organisation locale de protection et de restauration de l’environnement, à l’issue d’une évaluation de ses activités dans les communautés de Bunyakiri. Entre sensibilisations et appui aux ménages via des banques communautaires, l’ONG tente de réduire la pression sur les écosystèmes.
Déforestation en explosion depuis la chute de plusieurs zones
Depuis la prise de contrôle de plusieurs localités par des groupes armés, le rythme de la déforestation a atteint son plus haut niveau en 10 ans dans le Parc National de Kahuzi-Biega et les forêts communautaires du Sud-Kivu. Selon le rapport d’Icopren-RDC : - 26% des forêts communautaires du Sud-Kivu ont disparu ; - 600 hectares ont déjà été rasés, un chiffre sous-estimé car plusieurs zones restent inaccessibles ; - 25 tonnes de braises sortent chaque semaine des territoires vers Bukavu
Le PNKB est directement touché, de Kabare à Katasomwa, tout comme les forêts communautaires de Kabare, Bitale, Kalonge, Bulambika et Miti. Abattage illégal, sciage artisanal, production de charbon de bois et extraction minière se multiplient. « Pour certains, cette guerre est une occasion de s’enrichir. Pour la forêt, c’est une condamnation totale », dénoncent Musafiri Kazunguzibwa Nkuzi et Vianey Mutalemba John, d’Icopren-RDC.
Icopren-RDC résiste et met en place un système d’alerte
Malgré les risques, l’organisation maintient sa présence sur le terrain. Elle documente les destructions, sensibilise les populations et a mis en place un système d’alerte par SMS pour signaler toute coupe d’arbre illégale. « Détruire la forêt aujourd’hui, c’est hypothéquer l’eau, l’agriculture de demain et accélérer le changement climatique », rappelle l’équipe.
Un appel à la communauté nationale et internationale
Icopren-RDC demande une mobilisation urgente : 1. Soutenir la surveillance des forêts : les équipes manquent de moyens logistiques et de formation pour couvrir les zones à risque ; 2. Renforcer la sensibilisation : pour réduire la pression des populations sur les ressources naturelles ; 3. Stopper les circuits illégaux : en contrôlant les camions et en démantelant les réseaux de charbon de bois qui opèrent sans permis.
« Le PNKB appartient au monde entier. Sa perte nourrit le changement climatique et alimente la guerre », insiste Bénit Rhulinabo. Pour Icopren-RDC, la forêt du Kivu saigne en silence. L’organisation appelle la communauté internationale à répondre présent pour sécuriser les forêts des régions en conflit.



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