Par Rodrigue Kolaba Koto.
Le récent cas en date est celui signalé dimanche 29 mars 2026 dans la ville volcanique congolaise, où un jeune homme du nom d'Anelka Mwamba a frôlé la mort. Selon notre source sur place, ce jeune venu du Haut-Katanga, précisément de Lubumbashi, pour se marier, a été arbitrairement arrêté puis tabassé à demi-mort par les éléments du M-23, seulement parce qu'il ne savait que parler le Lingala.
« Après avoir été tabassé à mort pendant deux semaines dans l'un des cachots des RDF/M-23, il vient d'être jeté dehors, étant entre la vie et la mort », explique Ricky Paluku, activiste des droits humains.
Imposition d'une langue étrangère sur une partie d'un autre territoire
Désormais, les supplétifs du Rwanda instaurent une nouvelle loi sur l'ensemble des parties qu'ils contrôlent. Seul le Swahili parlé dans l'Est de la RDC aurait été autorisé par l'administration des rebelles. Mais la question qui hante les esprits est celle de savoir « pourquoi imposer aux Congolais de parler le Kinyarwanda dans leur propre pays ? »
Cette question qui dérange pas mal de citoyens congolais vivant dans cette partie du pays est aujourd'hui perçue comme une manœuvre machiavélique du Rwanda d'instaurer son hégémonie sur le territoire congolais. Il traduirait également les démarches de la balkanisation de la République Démocratique du Congo, estiment plusieurs personnes avisées.
Alerte maximale et prévention
Ricky Paluku, qui dénonce avec véhémence cet acte et cette logique imposée par le M-23, lance également un appel pressant aux compatriotes qui souhaiteraient se rendre dans ces zones sous contrôle des rebelles et particulièrement à Goma.
Pour lui, la population congolaise, et particulièrement celle venant de la zone lingalaphone et autres langues nationales, doit faire très attention en s'abstenant de prendre les voies vers Goma et Bukavu, y compris d'autres zones, pendant cette période où les rebelles n'ont pas fini leur retrait.
« Vous venez d'une autre province de la RDC pour aller à Goma ou Bukavu où les militaires rwandais n'ont pas encore fait leur retrait, prenez des dispositions sur ce sujet, car pour les ignorants rwandais, tout celui qui parle le Lingala, c'est un militaire congolais et il faut l'abattre ou l'amener de force à la formation militaire », explique-t-il.
Cette alerte intervient dans un contexte sécuritaire très persistant dans l'Est de la République Démocratique du Congo. Pendant que ces rebelles entament leur mouvement de retrait, des graves abus sont également signalés ça et là par plusieurs sources concordantes locales.


Exprimez-vous