Quatre jours après la signature de l’accord de paix de Washington, le Président Congolais Félix Tshisekedi s’est exprimé lundi 8 décembre 2025 devant l’Assemblée Nationale et le Sénat réunis en congrès au Palais du peuple. Un discours très attendu, notamment sur la question sécuritaire dans l’Est du pays. Mais ses déclarations n’ont pas fait l’unanimité. Parmi les voix les plus critiques figure celle de Jean-Marc Kabund, ancien allié devenu farouche opposant.
Quelques minutes seulement après l’intervention du chef de l’État, le Président du parti politique Alliance pour le Changement et de la plateforme Coalition de la Gauche Congolaise a réagi sur son compte X anciennement Twitter, dénonçant ce qu’il qualifie de “ contradictions ” et de “ manipulation ” dans la communication du pouvoir en place.
Pour Kabund, le contraste entre les positions défendues auparavant et celles affichées aujourd’hui ne laisse place à aucun doute.
« Hier, c’était : Nous n’allons pas négocier avec Paul Kagame et ses supplétifs du AFC/M-23. Les fanatiques applaudisseurs en avaient fait un symbole de patriotisme », écrit-il.
L’opposant rappelle que le gouvernement avait longtemps rejeté toute idée de pourparlers avec Kigali ou avec le M-23. Pourtant, note-t-il, l’accord de Washington a été signé directement avec Paul Kagame, suivi d’échanges avec les responsables du mouvement rebelle.
« Aujourd’hui, après avoir signé un “accord” avec Paul Kagame et engagé des discussions avec ses supplétifs, on nous sert : Il n’y aura ni mixage ni brassage », poursuit-il, laissant entendre que ces assurances seraient déconnectées de la réalité du terrain.
Kabund va plus loin en affirmant que Kinshasa n’aurait plus réellement la capacité d’imposer ses conditions au M-23 :
« Honnêtement, comment peut-il prétendre imposer quoi que ce soit au M-23 alors que le rapport de force sur le terrain lui est largement défavorable, et que même le cessez-le-feu peine à être respecté ? »
Dans une attaque frontale au sommet de l’État, il conclut :
« Si le mensonge et la manipulation avaient un visage, les Congolais sauraient parfaitement à qui l’associer. »
Ce nouvel épisode illustre la fracture grandissante entre le pouvoir et une partie de l’opposition, qui considère l’accord de Washington comme une capitulation plutôt qu’une solution durable. Alors que le pays espère à une accalmie après des mois d’escalade militaire, les tensions politiques, elles, semblent loin de s’apaiser après l'entérinement de l'accord de paix entre Kinshasa et Kigali, intervenu jeudi 04 décembre dernier à Washington aux États-Unis sous le regard inébranlable de Donald Trump.
Rédaction Legon News.


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