Kinshasa, 14 décembre 2025 la République Démocratique du Congo traverse une phase critique de son histoire, marquée par une agression persistante à l’Est du pays et la récente chute d’Uvira aux mains du mouvement armé M23.
Dans ce climat d’instabilité, les prises de position de certaines figures de l’opposition congolaise suscitent des interrogations croissantes. En effet, leurs déclarations, souvent changeantes, manquent de cohérence stratégique et soulèvent la question de leur réelle contribution au débat national.
En février dernier, un leader de l’opposition affirmait :
« Félix Tshisekedi doit négocier avec le Rwanda, il n’a pas le choix. »
Ce discours reflétait alors une adhésion à l’approche diplomatique comme voie de résolution du conflit.
Quelques mois plus tard, en juillet, le ton changeait radicalement :
« Félix Tshisekedi négocie parce qu’il est lâche. »
Ainsi, la négociation, précédemment jugée nécessaire, était désormais présentée comme une preuve de faiblesse.
Le 4 décembre, après la signature de l’accord de Washington, les critiques s’intensifiaient :
« Félix Tshisekedi a vendu le pays à Kagame. Il n’aurait pas dû signer cet accord. »
L’opposition assimilait alors le compromis diplomatique à une trahison des intérêts nationaux.
Puis, le 10 décembre, à la suite de la chute d’Uvira, le même camp déclarait :
« Cet accord ne ramènera pas la paix. »
Le rejet devenait total, sans qu’aucune solution de rechange ne soit formulée.
Ces déclarations successives révèlent une ligne politique instable, davantage orientée vers la critique systématique que vers une vision constructive. Comment espérer bâtir une nation lorsque l’opposition refuse tour à tour la négociation, l’absence de négociation, puis les effets de la négociation, sans jamais proposer une alternative claire ?
Dans un contexte de guerre hybride mêlant opérations militaires, pression diplomatique et enjeux économiques liés aux ressources stratégiques la cohérence politique est plus que jamais nécessaire.
Malheureusement, une partie de l’opposition semble guidée par un opportunisme politique, là où le pays a besoin d’engagement, de responsabilité et de vision.
Plutôt que de multiplier les accusations, il serait plus utile de proposer des solutions concrètes : renforcer la diplomatie régionale, exiger des garanties internationales, soutenir les FARDC à travers des réformes structurelles, ou encore mobiliser la société civile autour d’un véritable projet national.
L’heure n’est plus aux slogans, mais à la construction. La République ne peut continuer à naviguer dans l’ambiguïté politique alors que son intégrité territoriale est gravement menacée.
Abdoul Madjid Koyakele


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