Géopolitique : « Mobutu, Saddam et Kagame - les trois poulains et leur pêche », la stratégie Américaine du temps long ! Décryptage de Kevin Mbaki

Rédaction
0


La situation sécuritaire préoccupante dans l'Est de la République Démocratique du Congo n'est pas seulement l'affaire des Congolais d'origine (de Père et de Mère), mais elle touche aussi à un point crucial ceux ayant des affinités avec la RDC. 


Dans ce sens, un jeune à plusieurs facettes dont homme de Dieu (pasteur) et analyste politique-diplomatique d'appoint, originaire du Congo Brazzaville, mais aussi et surtout de mère Congolaise de la RDC a peint le tableau sur la situation géopolitique et stratégie Américaine du temps long sur les pays d'Afrique et leurs poulains dirigeants, illustrant l'exemple : Mobutu, Saddam et Kagame.


Il s'agit bien de monsieur Kevin Mbaki, depuis Brazzaville, capitale de la République du Congo qui a bien partagé ce décryptage à la rédaction centrale de Legon News ce mardi 30 décembre 2025. Nous vous invitons à lire intégralement ci-dessous son analyse profonde sur la situation géopolitique de l'ère Mobutu, Saddam et Kagame.


« L’Amerique n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts » une expression calquée sur l'Angleterre, attribuée à Lord Palmerston, homme d’État Britannique du XIXᵉ siècle, pour critiquer une diplomatie jugée purement pragmatique ou opportuniste.


Cet article brosse les portraits des trois personnalités. Des protégés, pour ne pas dire des pions stratégiques des Etats-Unis, qui ont eu de l'influence par le rôle qu'ils ont joué au cours de l'histoire du 20e siècle, avec l'appui complaisant de l'Amérique. Quels sont les causes de leurs chutes programmées ?


1. Mobutu : 


Mobutu est arrivé aux pouvoirs le 24 novembre 1965 en RDC par un coup d'état militaire cautionné par Washington, dans un contexte de guerre froide. L'ultra nationalisme du premier Ministre Emery Patrice Lumumba faisait craindre aux USA le basculement de la RDC au bloc de l'Est (URSS). Il fallait un homme de la situation pour contrer les velléités communistes en RDC et dans la sous région. Joseph Mobutu était cet homme. Rodé par la CIA, Mobutu est devenu le gendarme de la sous région, protecteur des intérêts stratégiques des Etats-Unis et de l'OTAN contre les mouvements communistes en Afrique centrale. 


L'ombre de Mobutu apparaissait dans tout projet de déstabilisation des États communistes :


- En Angola, Mobutu a utilisé un groupe proxy pour déstabiliser ce pays communiste pendant trente ans de guerre avec l'appui discret des USA. l'Unita de Jonas Savimbi était ce proxy qu'il soutenait en arme et logistiques, avec pour base arrière le Zaïre, où toutes les opérations étaient planifier pour renverser le pouvoir de MPLA . En réalité, les rebelles de l''Unita étaient composés en partie des FAZ (Forces Armées Zaïroises).


- En République du Congo, Mobutu a été cité par les autorités de Brazzaville de l'époque comme l'instigateur du coup d'état manqué de Kinganga qui a bénéficié de la logistique militaire à partir de Kinshasa en 1972, pour renverser le régime communiste de Marien Ngouabi.


- En Ouganda, Mobutu a organisé la déstabilisation du régime en soutenant logistiquement la rébellion de Museveni.


Ne serait-ce qu'avec ces trois exemples, nous pouvons comprendre ce que c'était l'influence géopolitique de Mobutu sous parapluie Américaine. Même si cela peut être discutable, il est tout de même fort possible que le discours de Mobutu à l'ONU, le 4 octobre 1973, n'a pas été de bon goût aux Américains lorsqu'il a affirmé « qu'entre un frère et un ami, le choix est clair » prenant indirectement position pour l'Égypte dans un conflit qui opposait l'Égypte à Israël. Dans la mesure où l'influence des lobbies juifs aux USA est prépondérante à bien des égards, et qu'Israël est un allié inconditionnel des États-Unis, il est possible que Mobutu ait été désormais sous le viseur des services Américains. 


Le rapprochement avec Mao en 1974, le changement d'idéologie à celle de « l'authenticité » et la « zairianisation » pourrait laisser penser au folklore et à la realpolitik, mais un fin analyste y verra une radicalisation et la tentative de Mobutu de s'émanciper de ceux qui l'ont porté au pouvoir.


Dans le contexte de la guerre froide, Washington n'avait pas d'autres choix que de conserver Mobutu en attendant le moment propice. La chute du mur de Berlin a été une aubaine pour les USA de se séparer d'un allié devenu indocile, trop corrompu, et encombrant. L'unique chose qui maintenait Mobutu au pouvoir c'était la guerre froide, dans la mesure où il n'y a plus de guerre froide, l'utilité de Mobutu tombe. Washington a commencé à retirer son parapluie, et en avril 1993, Mobutu menace de couper les relations diplomatiques avec Washington et la Belgique. La messe à été déjà dite, et Mobutu a été renversé le 17 mai 1997.


2. Saddam Hussein :


Arrivé au pouvoir en Irak en 1979 par un coup d'État, Saddam Hussein a été un allié stratégique des États-Unis au Moyen-Orient pour déstabiliser l'Iran. Saddam Hussein a bénéficié d'un éventail de soutien Americain au point où l'Irak était devenu la quatrième armée du monde. Saddam Hussein avait envahi l'Iran, en occupant des territoires iraniens pendant quelques années de 1980 à 1988 pour le compte de ses propres intérêts stratégiques avec l'appui Américain. L'invasion du Koweït le 2 août 1990 avait sonné le glas d'une rupture avec Washington, car cette invasion menaçait les intérêts Américains. 


Deux résolutions des Nations-Unies ont été produites à l'endroit de l'Irak (résolution 660 du 3 août 1990, et la résolution 678 du 28 novembre 1990) demandant à l'Irak de retirer ses troupes du Koweït. Saddam Hussein s'obstina à garder ses troupes au Koweït. Juste avant le 21 février 1990, date de l'offensive Americaine « La tempête du désert », Saddam Hussein déclare : « le peuple Irakien est prêt à se sacrifier contre l'arrogance Americaine ». Le 28 février 1991 l'Irak capitule face à Washington, et en 2003, Saddam Hussein est capturé et pendu à Bagdad sous l'œil de Washington.


3. Paul Kagame : 


À propos du président Rwandais, allié stratégique des États-Unis depuis 1994, ceux qui suivent l'actualité de guerre à l'Est de la RDC, se rappelleront de mon analyse faite le 2 décembre 2025, où j'ai conclu que Kagame jouait ça dernière carte, celle de la guerre. J'avais dis qu'au retour de Washington, il engagera une guerre assumée, mais ça sera une erreur stratégique pour le Rwanda qui va sonner le glas d'une fin de règne pour Paul Kagame. J'avais même dit que la RDC doit prendre cette menace au sérieux. Cela s'est réalisé comme on avait prédit. En occupant la ville d'Uvira, le Rwanda a franchi le Rubicon, crachant sur la signature de Donald Trump. Cela ne sera pas sans conséquence. 


La réunion d'urgence au conseil de sécurité des Nations-Unies, et la virulente sommation du Vice-Président Américain J.D.Vance demandant à Kagame de retirer ses troupes de la RDC, donne un ton décisif de la maison blanche. Les troupes Rwandaises en RDC se sont exécutées en écrivant un communiqué, disant qu'ils se retiraient de la RDC. Le malaise entre Washington et Kagame devient aiguë : les mensonges, les menaces, les crimes, et les violations de Kagame deviennent diplomatiquement insupportables pour l'image de l'Amérique. 


Dans la mesure où Washington a tout ce qu'il lui faut en RDC par le dernier deal, Kagame perd de facto tout utilité, et devient encombrant pour les États-Unis. Il est fort probable que la succession de Paul Kagame à la tête du Rwanda est en train d'être pensée dans les salons huppés de Washington. 


Qui vivra verra. J'ai dis. Décryptage du confrère Kevin Mbaki depuis la ville de Brazzaville, capitale de la République du Congo, avec les sous titres de la rédaction centrale de Legon News.



Rédaction Legon News.

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires

Exprimez-vous

Enregistrer un commentaire (0)

Cookies

Notre site utilise des cookies afin d’améliorer votre expérience de navigation et de vous proposer des contenus adaptés. Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter notre Politique de confidentialité .

  • Amélioration de la navigation : les cookies permettent de mémoriser certaines préférences utilisateur et de faciliter l’accès aux contenus.
  • Analyse statistique : nous utilisons des outils d’analyse afin de mieux comprendre la fréquentation et l’utilisation de notre site.
  • Publicité : des cookies peuvent être utilisés par des partenaires tiers, notamment Google, afin de diffuser des annonces personnalisées ou non personnalisées selon les paramètres de l’utilisateur.

Vous pouvez à tout moment configurer ou désactiver les cookies via les paramètres de votre navigateur. Pour en savoir plus sur la manière dont vos données sont traitées, veuillez consulter notre Politique de confidentialité .

Ok, Go it!